NUIT DU BLUES

OTIS TAYLOR - BIG DADDY WILSON

Samedi 15 octobre – 20h00

Salle Aristide-Briand – Saint-Chamond

Avenue Antoine-Pinay – 42400 Saint-Chamond

Tarif : 25/21 €

En ouverture : Otis Taylor, la transe de l'ours du Colorado

C’est encore un sacré personnage qui vient irradier la traditionnelle Nuit du Blues, une légende à part qui, outre son physique impressionnant, a toujours cultivé sa singularité pour traverser le Temps sans jamais être en paix avec lui. Otis Taylor l’irréductible ours du Colorado, colosse hirsute mais robuste comme un chêne, unique, atypique et surtout authentique, sera parmi nous. Une figure pour ne pas dire une gueule dans l’univers du blues hybride, ce fameux trance blues dont il est à l’origine, avec sa voix rocailleuse de baryton d’outre-tombe posée sur des boucles rythmiques sombres et hypnotiques, proches de la transe vaudoue. Considéré comme le Malcom X du blues, le chanteur né à Chicago au lendemain de la guerre a un parcours aussi atypique que sa musique. Banjoïste avant de passer à la guitare, à la mandoline et à l’harmonica, il a démarré dans le blues-rock au mitan des sixties puis tenta l’expérience londonienne avant de tout arrêter en 1977 pour être successivement brocanteur, entraîneur cycliste et même prof. C’est seulement en 1995 qu’il sort de sa tanière de Bouldier dans les Rocheuses, pour vite s’imposer comme un grand raconteur d’histoire, dans la pure tradition du songwriting social et engagé des États-Unis. Avec une vision implacablement noire de la condition humaine, entre tragédie et désespoir, il veut chanter et jouer comme pour faire briller une lumière dans l’obscurité.

Les fantômes du Mississippi
Confrontant les traumas historiques de la communauté afro-américaine depuis l’esclavage en puisant dans les profondeurs de l’Histoire, après avoir évoqué notamment le sort des amérindiens dans son album My World is gone, il ne cesse de convoquer les fantômes du Mississippi dans ses vieilles rengaines sudistes au son obsédant, façonnant des paysages sonores hallucinatoires et d’une forte intensité émotionnelle. Entre John Lee Hooker, son idole, pour son groove morose et répétitif, minimaliste mais intense, et Jimi Hendrix (son compatriote de Denver avec lequel il faisait des jams en 68) quand il teinte son blue-folk de rock psychédélique, Otis Taylor a parsemé ce dernier quart de siècle d’une quinzaine d’albums jusqu’à son dernier Fantasizing about being black (Fantasme sur le fait d’être Noir) en 2017, une discographie au palmarès impressionnant puisqu’il a été nommé onze fois aux prestigieux Blues Music Awards tandis qu’en France son album Contraband avait reçu le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 2012.

OTIS TAYLOR : guitare, piano, voix – NICK AMODEO : basse – BYRON CAGE : batterie 

Big Daddy Wilson

Si Big Daddy Wilson a fait ses premières  gammes en chantant du gospel dans l’église de son village en Caroline du Nord, histoire d’éviter la rue et la drogue, celui qui a quitté l’école à 16 ans pour travailler dans les plantations de coton et de tabac a, curieusement, vraiment découvert le blues en Allemagne lors de son service militaire. C’est là qu’il reviendra d’ailleurs en 1979 pour se marier et y rester, entamant tardivement une carrière en écumant les clubs locaux où sa voix mêlant quiétude et virilité sera remarquée. Découvrant ainsi une partie de lui-même tout en se forçant à vaincre sa timidité pour chanter des textes incarnés et jouer ses propres mélodies, Big Daddy Wilson ne débute dans le circuit européen qu’en 2004, dévoilant la profondeur de sa musique, toujours très expressive, et notamment la sensibilité bouleversante de ses ballades qui ne parlent que d’amour. Auteur depuis d’une dizaine d’albums dont certains bardés de prix comme I’m your Man – meilleur album de blues acoustique en 2013 –, celui qui mixe approche traditionaliste du blues et technique moderne a fait un puissant come-back avec Deep in my Soul en 2019 produit par Jim Gaines (Stevie Ray Vaughan, Santana…), retournant pour cela dans le Sud profond de ses origines. Un retour aux sources teinté de mélancolie, de sagesse et d’optimisme, magnifié encore l’an dernier avec la parution de Hard Time Blues, produit cette fois par l’anglais Glen Scott, complice d’Eric Bibb qui est le premier fan de Big Daddy Wilson pour lequel il assurait déjà les guitares sur I’m your Man. De l’âme cuivrée du Mississippi au funk en passant par le reggae, le blues moderne du boss conjugue folk humaniste et soul envoûtante avec une touchante sincérité.

BIG DADDY WILSON : voix, lead – CESARE NOLLI : guitare – PAOLO LEGRAMANDI : basse – NICOLO TACCORI : batterie – ENZO MESSINA : clavier

(C) BEATEGRAMS
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