MARC LOY & DIABOLO
En partenariat avec l’Auberge Laffont
Les troubadoubles
On entend encore résonner les envolées d’harmonica sous effets et la voix chaleureusement enveloppante qui avaient inondée la voûte de l’église de la Terrasse-sur-Dorlay, lors du concert de ce touchant duo de troubadours au Rhino 2023. Dans leurs longues carrières respectives, c’était une première pour eux que de jouer dans un lieu sacré, plutôt habitués qu’ils sont à investir des lieux plus canailles correspondant à leur esprit roots, tel le pub Montmartre où leurs jams régulières attirent les musiciens de la capitale. On ne pouvait donc imaginer meilleur décor que l’Auberge Laffont pour revoir avec bonheur ces fraternels complices et passeurs d’émotion, entre humour et gravité. Auteur de plusieurs albums dont le dernier Nu(e) convoque Niko Sarran, Patrick Verbecke, Jean-Yves d’Angelo et bien sûr Diabolo, Marc Loy est une figure de la scène blues hexagonale, influencé par le versant soul du rock, compositeur de chansons françaises où son grain profond, non sans rappeler Johnny Cash ou Nick Cave, est adéquat pour manier le verbe avec la même dextérité qu’avec sa guitare. Des textes ciselés où cet épicurien à la tendresse désabusée porte un regard poétique et nostalgique sur la vie en ce monde (tel ce J’ai passé l’âge de vieillir, ou Putain de Blues), sur des musiques croisant blues, folk et country-rock. Diabolo, découvert dans le métro en 1983 par Higelin qui l’engagea pour ses mémorables spectacles et trois albums, est quant à lui un incroyable harmoniciste qui a par la suite fait des étincelles aux côtés de Bashung, Christophe, Patricia Kaas ou Pascal Mathieu, mais aussi auprès de jazzmen comme Archie Sheep, Didier Lockwood ou du bluesman Manu Lanvin. Un performer qui a trouvé chez Marc Loy un alter-ego pour construire un répertoire entre blues et folk mêlant les chansons du guitariste à quelques titres inoubliables d’Higelin, tel ce Minimum qui ouvre un récital où ils nous offrent, par la générosité de leurs coeurs, un maximum de plaisir.
Marc Loy : guitare – Diabolo : harmonica


