En partenariat avec la ville de Saint-Étienne

Jeudi 8 octobre – 20h00

Saint-Étienne / Opéra

30 / 34 €

Amaro Freitas, la nouvelle étoile flamboyante du Brésil

Apparu depuis une dizaine d’années sur la scène internationale, Amaro Freitas est aujourd’hui considéré à juste titre comme la nouvelle étoile la plus brillante du jazz brésilien dont il révolutionne le genre, loin des clichés habituels de la samba. Originaire du Nordeste où il naquit dans les favelas de Récife, sa dextérité époustouflante croisant puissance et délicatesse, fusionne en effet le jeu très percussif des pianistes comme Thélonious Monk ou Art Tatum à ses racines afro-brésiliennes. Entre éclats mélodiques grandioses et polyrythmie ensorcelée, cet explorateur profondément habité par la musique intègre un savoir ancestral dans ses compositions où les sons carnavalesques du frevo,du maracutu et du baiào s’entremêlent au jazz-funk d’un George Duke auquel on pourra lui retrouver quelques ressemblances physiques. Trouvant son inspiration dans la nature luxuriante qui l’entoure, la forêt amazonienne et ses rivières alimentent son imaginaire, comme dans son dernier album Y’Y où il s’est immergé dans la région de Manaus, au cœur de l’Amazonie. Une force créative qui, conjuguée à son exceptionnelle virtuosité, lui confère un style unique à découvrir de toute urgence.

 

Monty Alexander, la légende vivante de la pulsation

Trois ans après avoir accueilli sur cette même scène de l’Opéra stéphanois le père fondateur du latin-jazz Chucho Valdès, c’est un autre des ultimes Jazz Giants que le Rhino est très honoré de recevoir en la personne de Monty Alexander, indéboulonnable figure du Top 5 des plus grands pianistes de l’Histoire du Jazz après plus de soixante ans d’une carrière mondiale au firmament. D’origine jamaïcaine avant d’émigrer aux USA à 17 ans, celui qui est né à Kingston le 6 juin 44 – jour du Débarquement allié auquel il a rendu un merveilleux hommage pour ses 80 ans avec son album D-Day en 2024, et qui doit d’ailleurs son prénom à un clin d’oeil au fameux général britannique Montgomery –, a d’abord subjugué Sinatra avant de faire une entrée tonitruante dans la cour des plus grands jazzmen de l’époque, accompagnant très vite tous les illustres fondateurs du be-bop. Sa personnalité vibrante et son énergie fougueuse feront d’emblée de ce pianiste spontané qui joue à l’oreille, une icône légendaire dont l’intuition inouïe et la liberté d’expression totale l’installeront notamment comme le maître incontesté des trios endiablés, sa formule de prédilection telle qu’il va encore nous le prouver brillamment ce soir avec Lorin Cohen à la contrebasse et son fidèle Jason Brown aux drums. Son esthétique croisant esprit romantique et jeu rythmique effervescent, est nourrie par son univers culturel multi-ethnique qui lui a toujours fait marier les rythmes typiques de sa patrie caribéenne aux formes harmoniques du jazz nord-américain, faisant ainsi fusionner, dans de formidables digressions, le beat entêtant du reggae et le balancement tout aussi contagieux du swing. Doué d’une créativité mélodique sans cesse renouvelée au fil d’une discographie comptant plus de soixante-quinze enregistrements (!), Monty Alexander – qui publie et nous présente en ce début octobre son dernier opus explicite A Jamerican in Paris – reste sans conteste l’un des maîtres les plus adulés de la pulsation, pratiquant un jazz populaire et joyeux avec une classe naturelle qui n’a d’égal que son humilité. Tout le génie d’un pianiste intemporel et irrésistible, à entendre au moins une fois dans sa vie. C’est le moment !

© photos : Micael Hocherman / Jean-Baptiste Millot